Le cuir, matière première

Le cuir, matière première FAMETHIC

Depuis que Famethic est né en 2013, nous ne travaillons que le cuir, une matière que nous connaissons bien. A l’heure actuelle il est difficile d’aborder ce sujet, mais on s’est dit que nous étions bien placés pour participer à déconstruire certaines d’idées fausses sur cette matière.

« Le cuir est une matière remplaçable »
Le cuir* n’est pas une matière plastique issue de la pétrochimie, c’est une matière organique naturelle dont l’usage et la nature ressemblent à celles du bois. De part sa structure physique la peau est une matière irremplaçable. A l’heure d’aujourd’hui on ne peut que l’imiter, non la supplanter. Sa longévité est exceptionnelle : 10, 20 voir 30 ans sans problème pour les peaux actuelles, 40-50 ou 60 ans pour les peaux datant de 1950 ; ce qui en fait une matière à privilégier lorsque l’on souhaite inscrire son mode de consommation dans la décroissance.

composition d'un cuir FAMETHIC

* Le décret 2010-29 du 8 janvier 2010 portant application de l’article L.214-1 du code de la consommation à certains produits en cuir et à certains produits similaires précise bien que « L’utilisation du mot « cuir » […] est interdite dans la désignation de toute autre matière que celle obtenue de la peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la forme naturelle des fibres de la peau. »

« Le cuir n’est pas une matière recyclée. »
C’est tout le contraire ! Seule l’industrie du luxe élève des animaux uniquement pour leurs peaux. En dehors des grands groupes, toute l’activité de tannerie consiste a transformer les peaux issues de l’élevage pour les rendre imputrescibles et utilisables afin de fabriquer des objets du quotidien. En France nous élevons surtout des bovins, ovins et caprins. Principalement pour fabriquer des produits laitiers à partir de leurs laits et pour leurs viandes.

Le cuir, matière première FAMETHIC

Il existe une grande variété de cuirs : des cuirs de mammifères (vachette, veau, buffle, agneau, chèvre, porc…), aux cuirs de poissons (galuchat, saumon, truite…), d’oiseau (autruche), et de reptile (serpent, caïman, crocodile…). Ces deux derniers sont dit exotiques et une grande nombre d’espèces sont protégées. En effet si l’espèce animale n’est pas originaire de l’endroit où on utilise son cuir, il est considéré comme exotique.

En France, les cuirs que l’on peut fabriquer en quantité sont par exemple ceux de vachettes, de porcs ou de truites. En Australie, ce sera l’autruche parce qu’on l’élève pour sa viande et ses œufs, à Madagascar les serpents d’élevage, au Zimbawe, les crocodiles que l’on élèvent pour leurs viandes, etc. Toutes ces espèces sont des espèces qui se prêtent facilement à l’élevage et ne sont donc pas en voix de disparition.

Le cuir, matière premier FAMETHIC

« Le cuir est le symbole de la souffrance animale et de la surconsommation de l’industrie du luxe »
Contrairement aux tissus ou aux plastiques le cuir reflète fidèlement la vie de l’animal. Comme sur toutes les peaux nous pouvons y retrouver des cicatrices, des traces de piqûres d’insectes, des vergetures, des plis, des dépigmentations, …. et tout le relief naturel d’une peau. Ce relief, que l’on appelle grain une fois la peau tannée, est créé par l’implantation des poils qui forment de tout petits trous. On peut le comparer à nos empreintes digitales.

Lorsqu’un animal a souffert dans sa vie, cela va se voir sur sa peau : mauvaise alimentation, mauvais traitement, excès de piqûres médicamenteuses, mauvaises conditions de vie, excès de stress, etc. C’est d’ailleurs pourquoi toutes les peaux issues de l’élevage intensif sont irrécupérables.
Pour obtenir un cuir de qualité supérieur, il faut que l’animal ait bien vécu, qu’il ait été bien nourri et qu’il ait reçu beaucoup d’amour. Comme nous !
Contrairement à ce que l’industrie de la mode essaie de nous faire croire le cuir n’est pas une matière lisse, uniforme ou régulière. Plus le grain du cuir est artificiel et uniforme, plus la peau avait des défauts que le tanneur a camouflé ; cela va également permettre de fabriquer de très grandes quantités de cuirs standardisés, pour les collections internationales de grandes marques. Plus le cuir a un rendu naturel où vous pouvez y voir des traces qui pourraient être sur votre propre peau, plus l’animal a bien vécu.

C’est donc la rareté des élevages hautement qualitatifs et précautionneux du bien-être animal qui fait que le cuir est cher. Non content d’être extrêmement polluant, et malsain sur le plan nutritionnel, l’élevage intensif ne produit que très peu de valeur, là où un élevage fermier produit un lait et une viande d’une qualité inégalable et permet le recyclage de la peau.

Le cuir, matière premier FAMETHIC

« Pour avoir un cuir patiné, je le laisse dans son jus ».
Quand vous avez un cuir de qualité, avec un grain et un rendu ultra naturel, il va se patiner, se magnifier avec le temps … à la condition que vous l’entreteniez ! Oui un cuir ça s’entretient, ce n’est pas une matière morte, comme le bois il va réagir à l’eau, à l’humidité, au vent, au sel, au sébum, au soleil etc. Il faut le nettoyer, le nourrir et le protéger ; comme pour notre peau !
Un beau cuir c’est comme un bon vin, il va prendre du caractère, sa couleur va s’approfondir, sa souplesse et ses formes vont se révéler avec le temps. Rien à voir avec un cuir grisonnant parce qu’il est sale ou un cuir qui peluche parce qu’il est tellement sec que l’épiderme s’en va. Non la patine est exceptionnelle parce qu’elle est unique à chaque personne. Chaque geste du quotidien sur votre cuir, lui conférera une patine particulière.

Pour finir avec la cerise sur le gâteau : un cuir entretenu dure 3 fois plus longtemps !

Convaincu ? Retrouvez toutes nos préconisations et astuces d’entretien sur la page « ENTRETENIR SON CUIR : Nos conseils ».